Synopsis : Au coeur des années Reagan, Patrick Bateman est un pur produit de la réussite américaine. Jeune, riche, il est un de ces golden boys qui triomphent à la bourse. Seul le nec plus ultra est digne de lui et il s'emploie à ne retrouver que des symboles qui lui renvoient une image de succès. Il accumule, avec une obsession maladive, les vêtements sélects, les relations enviables. Son voeu le plus cher est de se fondre dans cette foule, de trouver sa place au milieu de ceux auxquels il s'identifie.
Kentviewer - Bonjour M. Bateman.
Patrick Bateman - Bonjour M. Kentviewer.
Kentviewer - Parlons du film.
Patrick Bateman - Film puissant et affolant sur la folie d'un golden boy conscient de son problème mais qui ne peut s'empêcher de sombrer.
Kentviewer - Satire cynique sur un homme d'affaires de Wall Street des années 80 atteint d'une folie meurtrière dévastatrice, le film repose complètement sur le livre de Bret Easton Ellis. L'idée de départ est excellente et donne une histoire passionnante aux dialogues pleins d'humour noir (je cite un golden boy : "je n'ai pas faim, mais je veux qu'on ait une table quelque part!") avec une voix off dont la présence est un choix judicieux de la réalisatrice et malheureusement une fin vraiment décevante (je ne vais pas la raconter par respect pour toi, lecteur).
Mary Harron, réalisatrice dont c'est le deuxième long métrage, est respectueuse de l'oeuvre original. Trop peut-être. Le tout a du mal à effrayer (but premier du livre et du film), on a peur (si peu d'ailleurs) mais on n'est pas choqué comme lors de la première lecture du livre. La faute a des scènes gores qui ne le sont pas, et qui dérivent parfois vers le ridicule (la scène où Patrick Bateman nu une tronçonneuse à la main poursuit sa futur victime dans le couloir d'un immeuble). La mise en scène ne correspond donc pas au propos du livre. Peu inspirée, la réalisatrice ne nous livre pas les visions terrifiantes du romancier.
Reste tout de même l'interprétation. Christian Bale est PARFAIT (oui, lecteur, j'ai bien dit parfait!) dans le rôle du psychopathe incontrôlable qui ne distingue bientôt plus le bien du mal. Et les autres (dans l'ombre de Bale) sont très crédibles (que ce soit les goldens boys ou la prostitué dépassée par les événements).
Au final, American Psycho n'est pas le choc attendu mais s'avère tout de même effrayant grâce au talent de Christian Bale qui d'un regard glace le sang.
Patrick Bateman - Quand tu disais "Parlons du film", tu voulais dire "Je parle du film. Toi, le psychopathe, tu la fermes!", c'est ça?
Kentviewer - Pas du tout.
Patrick Bateman - Ne me prends pas pour un fou. Regarde ma carte de visite comme elle est belle!
Kentviewer - Quel est le rapport?
Patrick Bateman - (en partant) Putain! Vaut mieux que je parte sinon, je vais te saigner comme une truie!
Kentviewer - Où tu vas comme ça?
Patrick Bateman - Je vais rendre une cassette au magasin.
Tu l'auras compris, lecteur. American psycho ne nous met pas K.O. malgré son (anti-)héros qui sombre dans le chaos.
Note : 5/8




