Synopsis : Cleveland Heep a tenté discrètement de se perdre à jamais dans les abysses de son vieil immeuble. Mais, cette nuit-là, il découvre dans le sous-sol de la piscine une jeune nymphe sortie d'un conte fantastique. La mystérieuse "narf" Story est poursuivie par des créatures maléfiques qui veulent l'empêcher de rejoindre son monde. Ses dons de voyance lui ont révélé l'avenir de chacun des occupants de l'immeuble, dont le sort et le salut sont étroitement liés aux siens. Pour regagner son univers, Story va devoir décrypter une série de codes avec l'aide de Cleveland... pour peu que celui-ci arrive à semer les démons qui le hantent. Le temps presse : d'ici la fin de la nuit, leur destin à tous sera scellé...
Kentviewer - Bonsoir Jean-Pierre.
Jean-Pierre Foucault - Bonsoir M. Kentviewer.
Kentviewer - Avez-vous vu La jeune fille de l'eau?
Jean-Pierre Foucault - Quoi? Sur la Canebière?
Kentviewer - Non, au cinéma.
Jean-Pierre Foucault - Ah! Le nouveau film de Monsieur Nuit Chatquiamal!
Kentviewer - C'est ça ...
Si vous êtes d'accord, on va critiquer ce film façon Qui veut gagner des millions.
Jean-Pierre Foucault - C'est vous le patron.
Kentviewer - Bien commençons avec une question sur le scénario.
Cette histoire de "narf", c'est :
A) aussi passionnant que de chercher une anguille dans une botte de lutin
B) aussi crédible qu'un homme politique qui promet de jongler avec 34 allumettes pendant un défilé du 14 Juillet
C) aussi émouvant qu'un scénario de Michael Bay, le bourrin de chez les gros bourrins
D) la réponse D
Jean-Pierre Foucault - Euh, on joue pour combien?
Kentviewer - Pour rien, je suis pas aussi riche que TF1.
Jean-Pierre Foucault - Alors, au hasard réponse D.
Kentviewer - Et non. La bonne réponse était la réponse A. En effet, l'histoire de Lady in the water écrite par Shy pour ses enfants intrigue. L'originalité de ce conte nous rappelle que ce virtuose de la caméra a toujours su nous surprendre, nous passionner. Le problème est qu'on (quand je dis "on", c'est "je" en fait) a du mal à adhérer complètement à la manière dont le récit se déroule. Le héros (au physique et à la mentalité d'anti-héros plutôt) a un passé douloureux, se cherche une place dans la société, ce genre de personnages est récurrent chez le réalisateur (comprendre que celui-ci est presque semblable au personnage que campe Mel Gibson dans Signs). De plus, le fait que chaque protagoniste croit tout de suite à cette légende paraît assez incroyable. Bien qu'on soit au coeur du fantastique, tout cela est peu crédible. Et pourtant, ça marche. On s'ennuie que rarement devant cette oeuvre.
Jean-Pierre Foucault - Alors, j'ai bon ou pas?
Kentviewer - Ou pas.
Deuxième question, le travail de Shy sur la réalisation est :
A) aussi soigné qu'une plaie lavée au mercurochrome
B) aussi parfait que Kentviewer
C) aussi bâclé qu'un téléfilm de Navarro
D) la réponse D
Jean-Pierre Foucault - Réponse G.
Kentviewer - Non, c'est le point G et la réponse B. En effet, M. Night Shyamalan nous offre à chaque scène un cadrage parfait qui correspond parfaitement aux situations (voir la scène d'entrée où il nous suggère quelque chose d'effroyable alors qu'il doit s'agir probablement que d'un rat ou quelque chose dans le même genre), un rythme faussement lent. Sans parler d'une bande originale excellente mais pas d'aussi bonne qualité que pour ses précédents films. Bref, le montage final donne un exemple de réalisation (pour ça, au moins Shy ne nous a pas déçus).
Jean-Pierre Foucault - Oui, c'est exactement ce que je pensais.
Kentviewer - Question suivante. Le jeu des acteurs est :
A) aussi excellent qu'un vin au goût de banane
B) aussi simple qu'un Sudoku niveau débutant
C) aussi pitoyable qu'une chanson du duo Matt Pokora/Francis Lalanne
D) la réponse D
Jean-Pierre Foucault - Je demande un joker, l'appel à un ami.
Kentviewer - Vous n'avez pas d'amis!
Jean-Pierre Foucault - Alors, je vais opter pour la réponse A.
Kentviewer - Aie! Vous auriez mieux fait d'appeler un ami.
Jean-Pierre Foucault - Mais ... Vous avez dit que ...
Kentviewer - La bonne réponse était la réponse D. Le jeu des acteurs est remarquable, rien à signaler de ce côté là (on aimerait bien voir ce Paul Giamatti plus souvent en haut de l'affiche). A noter, tout de même, que Shyamalan ne fait pas qu'une apparition, il tient, ici, un vrai rôle (ouais, bof!).
Jean-Pierre Foucault - J'en ai marre de cette interview. Je suis dans la zone rouge.
Kentviewer - Dernière question. Mais alors, qu'est-ce qui n'a pas plu à Kentviewer dans ce film :
A) un humour mal dosé (premier ou second degré? Shy doit encore se le demander)
B) une fin ridicule parce que le metteur en scène voulait qu'elle soit belle, pas de twist final, aucune surprise tout au long du récit
C) les quelques réactions de personnages assez invraisemblables qui décrédibilise l'ensemble
D) la réponse D
Jean-Pierre Foucault - Je voudrais utiliser un 50-50.
Kentviewer - C'est impossible car il y a trois bonnes réponses A, B et C.
La jeune fille de l'eau est un film que certains classeront dans la catégorie fantastique-humour (???), moi je le classerais dans la catégorie intriguant-mais très décevant quand on sait ce que le réalisateur a fait auparavant (toute nouvelle catégorie inventée par moi-même).
Jean-Pierre Foucault - Merci pour cette sacré soirée.
Kentviewer - Que de mauvaises réponses, vous êtes le maillon faible. Au revoir.
Tu l'auras compris, lecteur. M. Night Shymalan s'est noyé tout seul avec La jeune fille de l'eau.
Note : 5/8




