Interview thirty four : La jeune fille de l'eau

Interview thirty four : La jeune fille de l'eau
M. Night Shyamalan, faux génie? C'est une question qu'on est en droit de se poser après la vision de son nouveau bébé. Pour débattre de cette déception générale, accueillons sous un tonnerre d'applaudissements Jean-Pierre Foucault!!!

Synopsis : Cleveland Heep a tenté discrètement de se perdre à jamais dans les abysses de son vieil immeuble. Mais, cette nuit-là, il découvre dans le sous-sol de la piscine une jeune nymphe sortie d'un conte fantastique. La mystérieuse "narf" Story est poursuivie par des créatures maléfiques qui veulent l'empêcher de rejoindre son monde. Ses dons de voyance lui ont révélé l'avenir de chacun des occupants de l'immeuble, dont le sort et le salut sont étroitement liés aux siens. Pour regagner son univers, Story va devoir décrypter une série de codes avec l'aide de Cleveland... pour peu que celui-ci arrive à semer les démons qui le hantent. Le temps presse : d'ici la fin de la nuit, leur destin à tous sera scellé...

Kentviewer - Bonsoir Jean-Pierre.

Jean-Pierre Foucault - Bonsoir M. Kentviewer.

Kentviewer - Avez-vous vu La jeune fille de l'eau?

Jean-Pierre Foucault - Quoi? Sur la Canebière?

Kentviewer - Non, au cinéma.

Jean-Pierre Foucault - Ah! Le nouveau film de Monsieur Nuit Chatquiamal!

Kentviewer - C'est ça ...
Si vous êtes d'accord, on va critiquer ce film façon Qui veut gagner des millions.

Jean-Pierre Foucault - C'est vous le patron.

Kentviewer - Bien commençons avec une question sur le scénario.
Cette histoire de "narf", c'est :
A) aussi passionnant que de chercher une anguille dans une botte de lutin
B) aussi crédible qu'un homme politique qui promet de jongler avec 34 allumettes pendant un défilé du 14 Juillet
C) aussi émouvant qu'un scénario de Michael Bay, le bourrin de chez les gros bourrins
D) la réponse D

Jean-Pierre Foucault - Euh, on joue pour combien?

Kentviewer - Pour rien, je suis pas aussi riche que TF1.

Jean-Pierre Foucault - Alors, au hasard réponse D.

Kentviewer - Et non. La bonne réponse était la réponse A. En effet, l'histoire de Lady in the water écrite par Shy pour ses enfants intrigue. L'originalité de ce conte nous rappelle que ce virtuose de la caméra a toujours su nous surprendre, nous passionner. Le problème est qu'on (quand je dis "on", c'est "je" en fait) a du mal à adhérer complètement à la manière dont le récit se déroule. Le héros (au physique et à la mentalité d'anti-héros plutôt) a un passé douloureux, se cherche une place dans la société, ce genre de personnages est récurrent chez le réalisateur (comprendre que celui-ci est presque semblable au personnage que campe Mel Gibson dans Signs). De plus, le fait que chaque protagoniste croit tout de suite à cette légende paraît assez incroyable. Bien qu'on soit au coeur du fantastique, tout cela est peu crédible. Et pourtant, ça marche. On s'ennuie que rarement devant cette oeuvre.

Jean-Pierre Foucault - Alors, j'ai bon ou pas?

Kentviewer - Ou pas.
Deuxième question, le travail de Shy sur la réalisation est :
A) aussi soigné qu'une plaie lavée au mercurochrome
B) aussi parfait que Kentviewer
C) aussi bâclé qu'un téléfilm de Navarro
D) la réponse D

Jean-Pierre Foucault - Réponse G.

Kentviewer - Non, c'est le point G et la réponse B. En effet, M. Night Shyamalan nous offre à chaque scène un cadrage parfait qui correspond parfaitement aux situations (voir la scène d'entrée où il nous suggère quelque chose d'effroyable alors qu'il doit s'agir probablement que d'un rat ou quelque chose dans le même genre), un rythme faussement lent. Sans parler d'une bande originale excellente mais pas d'aussi bonne qualité que pour ses précédents films. Bref, le montage final donne un exemple de réalisation (pour ça, au moins Shy ne nous a pas déçus).

Jean-Pierre Foucault - Oui, c'est exactement ce que je pensais.

Kentviewer - Question suivante. Le jeu des acteurs est :
A) aussi excellent qu'un vin au goût de banane
B) aussi simple qu'un Sudoku niveau débutant
C) aussi pitoyable qu'une chanson du duo Matt Pokora/Francis Lalanne
D) la réponse D

Jean-Pierre Foucault - Je demande un joker, l'appel à un ami.

Kentviewer - Vous n'avez pas d'amis!

Jean-Pierre Foucault - Alors, je vais opter pour la réponse A.

Kentviewer - Aie! Vous auriez mieux fait d'appeler un ami.

Jean-Pierre Foucault - Mais ... Vous avez dit que ...

Kentviewer - La bonne réponse était la réponse D. Le jeu des acteurs est remarquable, rien à signaler de ce côté là (on aimerait bien voir ce Paul Giamatti plus souvent en haut de l'affiche). A noter, tout de même, que Shyamalan ne fait pas qu'une apparition, il tient, ici, un vrai rôle (ouais, bof!).

Jean-Pierre Foucault - J'en ai marre de cette interview. Je suis dans la zone rouge.

Kentviewer - Dernière question. Mais alors, qu'est-ce qui n'a pas plu à Kentviewer dans ce film :
A) un humour mal dosé (premier ou second degré? Shy doit encore se le demander)
B) une fin ridicule parce que le metteur en scène voulait qu'elle soit belle, pas de twist final, aucune surprise tout au long du récit
C) les quelques réactions de personnages assez invraisemblables qui décrédibilise l'ensemble
D) la réponse D

Jean-Pierre Foucault - Je voudrais utiliser un 50-50.

Kentviewer - C'est impossible car il y a trois bonnes réponses A, B et C.
La jeune fille de l'eau est un film que certains classeront dans la catégorie fantastique-humour (???), moi je le classerais dans la catégorie intriguant-mais très décevant quand on sait ce que le réalisateur a fait auparavant (toute nouvelle catégorie inventée par moi-même).

Jean-Pierre Foucault - Merci pour cette sacré soirée.

Kentviewer - Que de mauvaises réponses, vous êtes le maillon faible. Au revoir.

Tu l'auras compris, lecteur. M. Night Shymalan s'est noyé tout seul avec La jeune fille de l'eau.

Note : 5/8

# Posté le dimanche 22 octobre 2006 09:43

Modifié le dimanche 12 novembre 2006 10:58

Interview thirty three : Indigènes

Interview thirty three : Indigènes
Pour introduire mon interview-critique, quoi de mieux qu'une citation de Renauld : "C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme!"? Je n'ai jamais dit que la citation aurait un rapport avec le film. Allez, on accueille M. Jacques Chirac (le président de la république pas le boucher de la rue des andouillettes).

Synopsis : En 1943, alors que la France tente de se libérer de la domination nazie, le parcours de quatre "indigènes", soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique.
Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yassin, réputés pour leur courage, sont envoyés en première ligne. Argent, amour pour la France ou pour l'armée française, foi en la liberté et l'égalité, leurs motivations divergent pour un même combat, libérer la France, les armes à la main.

Kentviewer - M. le président, c'est un honneur de vous recevoir.

Jacques Chirac - Tout le plaisir est pour moi, M. Kékétteviewer.

Kentviewer - Kentviewer.

Jacques Chirac - Ce n'est pas ce que j'ai dit?

Kentviewer - Si, si. Bon, on n'est pas là pour beurrer des tartines. Alors, entrons dans le vif du sujet. Vous avez vu le film Indigènes, il me semble?

Jacques Chirac - (les larmes aux yeux) Oui. Magnifique oeuvre d'une profondeur unique. Un sujet touchant qui ... Bouhou ... Sniff, sniff ... Bouh ...

Kentviewer - Calmez-vous M. le président ...

Jacques Chirac - (tout sourire) T'as vraiment cru que je pleurais? T'as vu, je suis bon acteur, hein? Les journalistes, ils ont vraiment cru que je chialais après la projection. J'avais juste les yeux un peu irrités à cause du parfum au citron de Bernadette, j'en ai un peu rajouté et tout le monde a cru que le film m'avait ému jusqu'aux larmes.

Kentviewer - Ce n'était pas le cas?

Jacques Chirac - Tu rigoles! J'ai plus pleuré quand Zidane a pris un carton rouge pour avoir donner un coup de boule à un ...

Des faux musiciens qui ont su faire de l'argent avec une daube de chanson et un gros sens de l'humour - (coupant Jacques Chirac et en chantant) Coup de boule, coup de boule ... à droite. Coup de boule à gauche.

Kentviewer - Parlons un peu du film quand même.

Jacques Chirac - Je ne peux en parler, je me suis endormit durant la projection.

Kentviewer - A quel moment?

Jacques Chirac - Le passage où Jamel parle à sa mère, il veut partir au front ou je ne sais plus quoi.

Kentviewer - Au bout de 2 minutes et 33 secondes, quoi!

Jacques Chirac - C'est possible.

Kentviewer - Je remet tout de suite les choses à leur place, Indigènes n'est pas un chef-d'oeuvre mais il n'en reste pas moins un très bon film. Rachid Bouchareb raconte, à travers sa caméra, une histoire vraie. Celle des tirailleurs venus d'Afrique pour aider la France durant la deuxième guerre mondiale. Un sujet délicat, puisque oublié des livres d'histoire, qu'il fallait traiter avec soin pour que le film ne passe pas inaperçu et ne finisse pas aux oubliettes comme une finale de Questions pour un champion. Et l'image transpire l'investissement de tous (acteurs, réalisateur, scénaristes et autres).
L'image, parlons-en. Une photographie magnifique, comme je n'en avais pas vu depuis longtemps dans le cinéma français. Des décors magnifiques (les déserts, les forêts, les forêts avec la neige, WOUAW!), des costumes parfaits et pleins de détails innombrables donnent au film toute sa crédibilité. La réalisation de Rachid Bouchareb, toujours dans le souci de bien faire, est irréprochable. La tension est là pendant les scènes de bombardement, l'émotion est là lorsqu'un soldat trouve la mort, le sentiment d'injustice est là quand on voit les soldats français avoir tous les privilèges alors que les tirailleurs ne voient jamais l'ombre d'une permission, la honte est là lorsque l'on découvre dans les dernières secondes la misère dans laquelle vivent ces anciens héros et le peu de remerciement délivrés aux familles des défunts. Un grand bravo à toute l'équipe. On ressent à chaque seconde que le sujet leur tenait tous à coeur.
Cerise sur le MacDo, le casting 5 étoiles fait des merveilles (Sami Nasceri, on est habitués mais pour les autres, ils avaient encore leurs preuves à faire) bien que les personnages manquent parfois de profondeur.

Jacques Chirac - Ce Jamel Deuxblouses est formidable.

Kentviewer - C'est ça ...
Pour une fois que dans un film de guerre, on ne ressent pas de patriotisme inutile (n'est-ce pas messieurs les ricains), courrez-y.
Indigènes est un film poignant, touchant et parfois révoltant. Peut-être un poil long mais bon ...

Jacques Chirac - Dites, vous n'auriez pas quelques pièces jaunes. C'est pour ma femme?

Kentviewer - Non, désolé. J'ai tout donné à David Douillet. Une dernière question, M. Chirac. La légion d'honneur, vous la donnez vraiment à n'importe qui.

Jacques Chirac - C'est pas une question, ça!

Kentviewer - Je sais.

Jacques Chirac - Non, non. La France donnent la légion d'honneur qu'à de grands citoyens qui font beaucoup pour leur pays. D'ailleurs les prochains qui la recevront seront Nagui, Carlos et Bertrand, candidat numéro 156933 de la Nouvelle Star saison 2. Vous voyez? On ne la donne pas à n'importe qui.

Tu l'auras compris, lecteur. Indigènes est loin d'être indigeste et ses accusations sont loin d'être indirects.

Note : 6/8

# Posté le samedi 21 octobre 2006 03:28

Modifié le dimanche 12 novembre 2006 10:52

Bonsoir lecteur (8)

Bonsoir lecteur (8)
I'm back ! Enfin ...
Désolé à tous mes fans et aux autres (ceux qui ne m'aiment pas mais qui me lisent quand même parce qu'après tout ce Kentviewer est un génie).
Bon, 2 mois d'absences, c'est long. Voilà ce qui s'est passé :

- Premier mois : Je me réveille en vrac. La veille, j'ai due aller inaugurer la discothèque de Yannick Noah, Le Ping Pong (plutôt illogique comme nom, mais Le tennis ça pète moins). Coup de fil de Nikos, je suis invité sur le prime de la Starlette aCACAdemy, je refuse, bien entendu. Je suis fatigué, je me recouche au milieu de six femmes que j'ai rencontré ... Euh ... Je me souviens plus (Vodka, je t'aime mais tu ne me le rends pas). Réveil un mois plus tard.

- Deuxième mois : Je me réveille (non, je ne fais pas que dormir) entouré de douze femmes pas assez maquillées pour être des travelos. Ouf ! Je les raccompagne une à une. Un mois à sillonner l'Europe, 36459 euros d'essence, 12565 euros de péage et 55478129 euros en préservatifs.

Autobiographie of me by me

Episode two (2) : Enfance d'un déjà Grand.

Alors que je me trouvais dans mon berceau à l'age de 6 mois, Dieu en personne se pencha sur mon berceau et a crié des cieux : « Toi, tu incarneras la beauté, la gentillesse, la générosité, l'intelligence, l'humour et ... la modestie. ».
Cinq ans, 7 mois, 23 jours, 11 heures, 59 minutes et 12 secondes plus tard, j'ai reçu le prix Nobel de la paix pour avoir frappé mon prof de sciences qui faisait des expériences sexuelles sur des fourmis.
Ensuite, parcours normal. J'ai eu mon bac à 8 ans avec mention «T'emballes pas, tu l'as eu de justesse». En effet, la veille au lieu de réviser, j'ai rejoint les 7 nains à un dancing pour leur demander si Joyeux est gay.
De un an à 168 mois je m'improvise joueur de football au talent incroyable et insoupçonné (Un de mes coach de l'époque : «Zidane n'est pas si bon que ça quand on voit jouer Kentviewer ». Merci.). C'était ma meilleure anecdote.

Fin de l'épisode two (2).

# Posté le vendredi 20 octobre 2006 11:56

Modifié le dimanche 19 novembre 2006 09:04

Interview thirty two : Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit

Interview thirty two : Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit
Après le succès de Pirates des Caraïbes, les producteurs qui ont toujours faim d'argent lancent le tournage d'une suite en deux volets. Le premier de ces deux volets possède un titre français (comme souvent) ridicule (Le secret du coffre maudit, c'est bon pour les romans des années 60) et remet en cause les avis positifs sur le premier film de la saga.

Synopsis : Dans ce nouvel opus de l'aventure Pirates des Caraïbes, le toujours aussi excentrique pirate Jack Sparrow est confronté subitement à son passé. Aujourd'hui, Jones vient récupérer sa dette. Mais donner son âme à Jones est sans issue, il n'y a pas de rédemption possible, c'est devenir comme tous les membres de son équipage maudit, un fantôme au physique aussi repoussant que terrifiant. Pour éviter ce sort funeste auquel Jack ne tient pas vraiment, il n'a qu'une solution : retrouver le coffre maudit de Jones ...

Kentviewer - Hello M. Le producteur plein de fric Jerry Brukein-truc.

Jerry Bruckheimer - Hello. Bruckheimer, Jerry Bruckheimer.

Kentviewer - Tu te prends pour 007?

Jerry Bruckheimer - Quoi?

Kentviewer - Rien, je ne pensais pas que tu parlais français. D'abord bravo tout de même pour tout ce que tu as fait pour le cinéma et la télévision (Les experts, FBI portés disparus, Rock, Ennemi d'état, moi j'adhère à fond!). Alors, Jerry. Pour une fois, tu veux faire de l'argent sans prendre de risque?

Jerry Bruckheimer - Pardon? Vous me tutoyer?

Kentviewer - Non, non, je te vouvoie bien sûr. Bon, si t'es d'accord, tu énonceras tous les points positifs de Pirates des Caraïbes deuxième du nom. De toute façon, vous allez tout faire pour nous vendre votre produit purement commercial. Et moi, je m'occuperais des points négatifs.

Jerry Bruckheimer - Okay.

Kentviewer - Alors, parlons de l'histoire de ce deuxième opus.

Jerry Bruckheimer - Le passé de Jack Sparrow le rattrape pendant que Will et Elisabeth sont arrêtés pour avoir aider Jack à s'enfuir lors du premier épisode. Une histoire passionnante aux multiples rebondissements avec des scènes d'actions ahurissantes et des courses poursuites effrénées.

Kentviewer - Justement tous ces rebondissements sont un peu excessifs. On va d'incompréhension en incompréhension. Les enjeux dramatiques se perdent dans tout ce bordel d'intrigues. Et je ne parle même pas des facilités scénaristiques ...

Jerry Bruckheimer - Mais ...

Kentviewer - Et puis, si je vais en parler. Premier exemple : la scène d'ouverture pour Jack Sparrow. C'est presque drôle et ça possède un petit quelque chose qui ressemble à de la classe. Mais, ça n'a aucun sens (que fout Jack sur cet île? Comment l'équipage du Black Pearl savait où il se trouvait?). Autre exemple de facilité scénaristique : quand l'équipage est emprisonné dans deux cellules faites d'os pendus au dessus du vide. Extrait de la conversation lors de la tentative d'évasion (je m'adresse a ceux qui l'ont vu là):
Will à la deuxième prison - N'abandonnez pas les gars! Il faut que tout le monde s'en sorte, sinon on ne pourra jamais remettre le Pearl à flots.
Un gars de la deuxième prison - Non, mais six hommes suffiraient pour mettre à flots le Pearl.
Et là les scénaristes ont pu se débarrasser des hommes emprisonnés dans la deuxième boule d'os grâce à deux phrases de dialogues (enfin, c'est un détail).

Jerry Bruckheimer - Vous êtes exigeant M. Kentviewer.

Kentviewer - En effet. Mais ce que je reproche le plus à ce deuxième volet de la future trilogie, c'est d'avoir perdu ce qui faisait qu'on aimait Pirates des Caraïbes, malgré de gros défauts. Les personnages sont transparents (de Will Turner et son père à Elisabeth en passant par tout l'équipage du Pearl). Du coup, le grand méchant n'est pas aussi impressionnant que son physique. Même (et c'est là, la grosse déception) Jack Sparrow a perdu de son charisme. Et là, on hurle. Non seulement, tout l'aspect comique a disparu mais Jack n'est plus le même, il passerait presque pour un bouffon (malgré son côté manipulateur qui nous ravit toujours). Et ça, ça fait mal.

Jerry Bruckheimer - Vous ne pouvez nier que Le secret du coffre maudit est un film grand spectacle avec des décors gigantesques, des costumes ahurissants de crédibilité, une musique enivrante et des effets spéciaux à couper le souffle. L'ambiance de l'ère des pirates est parfaitement retranscrite.

Kentviewer - Je suis entièrement d'accord avec toi, M. Brukein-machin. Mais malheureusement Gore Verbinski ne parvient jamais à exploiter pleinement tout le potentiel (et tout le budget) d'un tel thème. En effet, bien que le rythme soit relativement élevé, on tourne en rond et le mélange action-aventure-humour ne fonctionne jamais vraiment. Quel dommage! Malgré de grandes scènes (l'attaque du bateau par la bébête ou le combat à trois sur une roue), Pirates des Caraïbes deuxième du nom n'atteint pas les sommets espérés.

Jerry Bruckheimer - Je ne suis pas d'accord.

Kentviewer - Effectivement, de ton point de vue, ce deuxième volet atteint des sommets. Le sommet du box office et de ton compte en banque. Bravo pour sûrement ce qui est une des plus belles arnaques de cet été, Jerry Bruckei-bidule.

Jerry Bruckheimer - Jerry Bruckheimer.

Kentviewer - Bref. Avec Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit, on passe d'un film au potentiel de grand spectacle à un petit divertissement sympa mais sans plus. Si vous voulez de la piraterie, de l'aventure, un humour toujours présent, des combats hallucinants, des personnages toujours plus intéressants, originaux et charismatiques, jetez-vous sur le manga One Piece (les premiers sont de qualités moyennes mais les grosses histoires décollent à partir du volume 12). Faites-moi confiance!
Jerry, quelle sera ta prochaine arnaque ?

Jerry Bruckheimer - Benjamin Gates 2 semble en bonne voie et un projet avec Tom Cruise.

Kentviewer - Et bien, si on a Tom and Jerry en même temps, ça promet.

Tu l'auras compris, lecteur. Quand on voguait sur le navire du premier, un vent de fun nous caressait le visage, on pouvait ainsi savourer l'agréable voyage. Sur le navire de Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit, on a le mal de mer. Dire qu'il faudra embarquer pour un troisième volet qui nous décevra peut-être encore plus.

Note : 3/8

# Posté le dimanche 03 septembre 2006 09:16

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 09:56

Interview thirty one : Pirates des Caraïbes, la malediction du Black Pearl

Interview thirty one : Pirates des Caraïbes, la malediction du Black Pearl
A l'occasion de la sortie du deuxième volet des Pirates des Caraïbes, Kentviewer a le plaisir de vous offrir (pour votre plus grand plaisir) son interview-critique du Capitaine Crochet sur La malédiction du Black Pearl. Régalez-vous en attendant la critique sur Le secret du coffre maudit!

Synopsis : Dans la mer des Caraïbes, au XVIIe siècle, Jack Sparrow, flibustier gentleman, voit sa vie idylle basculer le jour où son ennemi, le perfide capitaine Barbossa, lui vole son bateau, le Black Pearl, puis attaque la ville de Port Royal, enlevant au passage la très belle fille du gouverneur, Elizabeth Swann. L'ami d'enfance de celle-ci, Will Turner, se joint à Jack pour se lancer aux trousses du capitaine.

Kentviewer - Bonsoir Capitaine.

Capitaine Crochet - Bonsoir moussaillon.

Kentviewer - C'est votre première expérience d'émission en public?

Capitaine Crochet - Non, j'ai déjà eu l'honneur de participer à un radio crochet.

Kentviewer - Bien. Vous faîtes partie des pirates de fiction les plus connues au monde, pourtant, ça n'a pas toujours été facile pour vous, n'est-ce pas?

Capitaine Crochet - Oui, en effet. Jusqu'à l'âge de 38 ans, j'ai vécu aux crochets de ma mère. Puis, mon père m'a pistonné, afin que je débute dans la piraterie directement en tant que capitaine. L'accueil ne fut pas des meilleurs, alors, j'ai décidé de me reprendre en main ...

Kentviewer - Comme un fameux crocodile, d'ailleurs.

Capitaine Crochet - Pardon?

Kentviewer - Le crocodile aussi vous a pris en main ... enfin ... LA main!

Capitaine Crochet - (qui tire une gueule à faire trembler Hulk, visiblement, il n'aime pas mon humour) ...

Kentviewer - (je reprend mon sérieux) Hum ... Pardon. Alors, si je suis venu à votre rencontre, c'est pour connaître votre opinion sur le film Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl.

Capitaine Crochet - Je n'ai pas accroché.

Kentviewer - Précisez.

Capitaine Crochet - Ce film, c'est un peu comme recevoir un coup de téléphone d'une nouvelle petite amie. On est emballé, on ne peut s'empêcher de décrocher, pour finalement raccrocher complètement un peu plus tard, lassé.

Kentviewer - Très belle métaphore. Depuis quand les pirates ont le téléphone?
Pour ma part, je dirais que Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl fut une véritable bonne surprise lors de sa sortie en 2003.
Tout d'abord un peu d'histoire. Au 21ème siècle, les vrais films d'aventure se font rares depuis les merveilles Indiana Jones. Au même moment les messieurs de chez Mickey (Disney pour les ignares) ont une idée : adaptez l'attraction des parcs à thèmes Disney "Pirates des Caraïbes" en film. Ca tombe bien car ce thème (la piraterie) est un peu oublié par le septième art. Quoi de mieux, alors, que de lancer la mise en chantier d'un blockbuster avec l'aide du producteur (à succès) ultra-friqué Jerry Bruckheimer? Voilà, c'étaient les 5 lignes "histoire" de ma critique.
L'histoire de La malédiction du Black Pearl est d'une banalité perturbante. Je m'explique. L'intrigue principal (le gentil s'allie à un homme peu fréquentable pour sauver la belle enlevée par un vilain) n'apporte aucun intérêt, mais les autres intrigues vont sérieusement pimenter le récit (la malédiction justement). Et puis, rajouter de la science-fiction (les morts-vivants squelettes) dans un film de corsaires, il fallait oser et le résultat s'avère excellent. Les quelques imperfections dans le scénario agacent mais elles sont vite oubliées au fil des 130 minutes(c'est long, hein?) car le "fun" reprend le dessus.
La véritable force de ce Pirates des Caraïbes se situe exclusivement dans le one-man-show de Jack Sparrow, personnage qui se classe directement dans la catégorie "culte". Un sens de l'ironie hors du commun, excentrique à fond, un sale type en apparence, un vrai héros dans l'âme, sont les caractéristiques assez complexes de Jack Sparrow. Il incarne tout ce que j'aime chez les anti-héros (un peu comme Joe Hallenbeck, voir article juste en dessous ou comme dans un style différent tout de même un Han Solo).
Mais Pirates des Caraïbes, c'est aussi des décors somptueux (le dépaysement est total), une musique typique des attractions Disney et de leurs films d'aventure, des costumes de toute beauté (et crédibles). Le réalisateur Gore Verbinski avait toutes les cartes (bleues de Bruckheimer) en main pour réaliser un chef d'oeuvre. Malheureusement, comme on le dit : trop de rebondissements dans le scénario tue le rebondissement. En effet, après une heure de courses poursuites, batailles navales et autres combats jouissifs (le tout a un rythme endiablé), l'ensemble s'essouffle et le film n'intéresse plus que pour son héros totalement imprévisible : Jack Sparrow.
Le gentil Gore Verbinski nous offre une réalisation de bonne qualité. Ce n'est pas un génie, mais il connaît son métier. D'ailleurs, il peut remercier de tout coeur ILM pour le travail rendu. Les effets spéciaux sont époustouflants notamment le combat à l'épée entre Barbosa et Jack dans la caverne quand tous deux se changent l'un après l'autre en squelette (un mot : WOUAW!) ou encore quand les morts-vivants forment une armée sous l'eau et avancent progressivement vers la caméra (tiens, encore une erreur scénaristique, les morts-vivants sont censés être des humains, pourtant ils marchent sous l'eau, fort!) : que c'est classe!
Dernier point, le casting, bien qu'excellent, est complètement "fantôme". Johnny Deep nous en met plein la vue, il crève l'écran. M. Paradis relègue des acteurs comme Orlando Bloom ou Keira Knightley au second plan. Facile pour cet acteur au talent inépuisable mais trop peu utilisé!
Bravo, si vous avez eu le courage de lire toute ma critique! Et bravo si vous avez eu la patience et le talent pour l'écrire (ça c'est juste pour moi!)!

Capitaine Crochet - Félicitations! Tu t'es bien accroché pour écrire cette magnifique critique, jeune flibustier.

Kentviewer - Merci.
Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl est un divertissement plein d'exotisme et d'action. Et grâce à l'humour d'un héros hors du commun, c'est ultra fun!
Euh ... Capitaine Crochet, une dernière question : est-ce à cause de votre main gauche qu'on appelle un coup de poing, un crochet? Vous savez comme en boxe? Crochet du droit enchaîné par un crochet du gauche!

Capitaine Crochet - (qui part sans même répondre à ma question très intéressante) ...

Kentviewer - A demain. Enfin ... A une main et un crochet!

Tu l'auras compris, lecteur. Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl est un vrai trésor dans l'océan des films de corsaires. Mais ...

Note : 6/8

# Posté le jeudi 24 août 2006 19:31

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 09:02